L'histoire de l'Ă©tablissement



Le collège Saint François-Xavier fut fondé par les pères Jésuites en 1850 grâce à la loi Falloux qui permet la liberté de l’enseignement. Ce n’était pas le premier collège vannetais. Entre 1628 et 1762 les Jésuites avaient dirigé le collège Saint Yves qui avait déjà connu une grande prospérité. Il en subsiste la chapelle qui jouxte le collège Jules Simon. Le 15 octobre 1850 Le Père Pillon ouvrit l’établissement dans l’ancien couvent des Ursulines propriété des jésuites, depuis 1838. Le collège accueillait près de 250 élèves, tous externes, souvent d’origines modestes. Très vite le besoin d’un internat se fit sentir et l’on agrandit alors les anciens bâtiments conventuels. Commencés en 1852, les travaux furent conduits par l’architecte vannetais Charier et achevés en 1854. Le collège comptait alors 400 élèves, dont 272 internes. Une pension et une scolarité plus onéreuses furent alors demandées aux familles pour assurer l’équilibre financier de l’institution. Cette même année 1854, fut achetée la lande de Penboc’h sur lacommune d’Arradon. Ce terrain aménagé et bâti au fil des années, situé sur les bords du golfe du Morbihan, était le but de nombreuses promenades, un lieu de retraites ou de repos pour les élèves et les Pères. Détaché de l’établissement depuis 1971 Penboc’h est aujourd’hui un des centres spirituels de la Compagnie de Jésus. On retrouvait à Saint François-Xavier toutes les caractéristiques de la pédagogie jésuite: une forte culture humaniste, une solide instruction religieuse, la pratique des exercices rhétoriques, physiques et spirituels, I’éveil aux disciplines artistiques en particulier par lamusique et le théâtre, le soutien à la dévotion et la spiritualité dans l’action par les congrégations mariales...

 

L’âge héroïque

Le collège eut l’occasion de se distinguer lors de l’envahissement des Etats Pontificaux à l’époque de l’unification italienne. Cent vingt élèves ou anciens élèves s’enrôlent entre 1860 et 1870 dans l’armée pontificale. A ce sujet le Pape Pie IX dira: « Le collège Saint François-Xavier de Vannes... Ah ! de tous les collèges de France, c’est celui qui m’est le plus cher, car aucun ne m’a donné autant de défenseurs.»

Durant la guerre de 1870, une partie du collège servit de caserne et d’hôpital. La guerre terminée les travaux de construction de la nouvelle église purent s’achever sous la direction du Père Tournesac. Le 22 juin 1873, Mgr Bécel, Evêque de Vannes la consacra sous le vocable Saint François-Xavier. L’école prospéra jusqu’en 1880, date des décrets interdisant l’enseignement aux congrégations religieuses.

Dans ces circonstances troublées, un ancien élève, le Comte de la Villesboisnet, avocat à la Cour d’appel de Paris, sut doter l’établissement d’un statut juridiquement inattaquable. Ses sages dispositions permirent au collège de continuer de fonctionner, même en l’absence de Pères Jésuites, durant la période anticléricale de la lIIème République. Pendant la Grande Guerre (1914-1918) toute la partie sud des bâtiments est réquisitionnée pour devenir hôpital militaire. Les anciens élèves paient un lourd tribut à la défense de la Patrie: 332 d’entre eux meurent sur les champs de bataille. A l’issue de la guerre, l’union sacrée crée un climat favorable au retour des Jésuites, bien qu’ils soient toujours hors la loi. Officiellement, la direction est assurée par le chanoine Briel qui gardera 33 ans cette fonction. A cette époque le corps professoral est en majeure partie composé de prêtres du diocèse. C’est en 1923 que sera publié le premier numéro du « Xavier » la fameuse revue du collège et des anciens élèves qui paraîtra jusqu’en 1968.

La seconde guerre mondiale amène une nouvelle réquisition d’une part importante des bâtiments qui devinrent hôpital et caserne allemands. De nombreux anciens élèves s’illustrent durant le conflit, sept d’entre eux seront faits compagnons de la libération et 116 donneront leur vie pour la libération de la France.

 

Le drame et le renouveau

Le 29 mai 1949, un incendie d’origine inconnue détruit la majeure partie des bâtiments, seules les chapelles seront épargnées. Un extraordinaire élan de solidarité permet de poursuivre les classes et d’entreprendre sans tarder les travaux de reconstruction qui dureront jusqu’en 1965. C’est dans ce contexte que le Père Jean du Rivau est nommé Recteur. Pionnier de la réconciliation franco-allemande, il ouvrira le collège sur le monde grâce aux échanges internationaux.

Ainsi il fait venir au collège des répétiteurs étrangers, il accueille des groupes d’élèves allemands et autrichiens, il favorise les séjours au-delà des frontières. C’est sous son impulsion et malgré l’épreuve de l’incendie que l’établissement fêtera son centenaire en 1950.

C’est au même moment qu’est introduit à Saint François-Xavier une innovation pédagogique essentielle pour le second cycle, le système des équipes. Les élèves du Lycée sont réunis en équipes d’une douzaine autour d’une activité artistique, technique, scientifique, sportive ou sociale. Ces activités placées sous la responsabilité de moniteurs se pratiquent aujourd’hui une après-midi par semaine. Chaque équipe possède un local où chaque élève dispose d’un bureau pour travailler durant les heures d’études. Le système fait appel à l’autodiscipline et à la prise de responsabilité des élèves dans le bon fonctionnement de l’équipe et de l’activité.

Autant de critères qui avec la pédagogie de l’accompagnement, de l’excellence, de l’évaluation personnelle et communautaire s’inscrivent dans les caractéristiques de l’éducation jésuite. Avec quelques évolutions, le système des équipes continue de prouver une belle vitalité après plus de cinquante ans d’existence.

 

Les mutations

A partir des années soixante, les effectifs se sont accrus et l’établissement a dû s’adapter aux mutations dans la société et dans l’Eglise (second concile du Vatican). Ce sont des laïcs qui remplacent progressivement les prêtres, les religieux et les religieuses. La communauté jésuite s’amenuise.

A partir de 1969, dans le cadre de la réorganisation de l’enseignement catholique sur le secteur de Vannes, les élèves du primaire laissent progressivement la place à de plus grands et à la rentrée 1971 « le petit collège » c’est-à-dire l’école primaire a totalement fusionné à l’école Jeanne d’Arc. En l970, le père Emmanuel Lesage succède au Père Amet comme Recteur du collège. Ses supérieurs lui ont fixé comme objectif l’entrée du collège dans l’association de tutelle devenue depuis l’URIF (Union Régionale Ile de France). Il faudra attendre une quinzaine d’années pour qu’aboutisse l’idée qu’il défend avec force. Grâce à son soutien et à l’efficacité d’une équipe d’anciens élèves, le XIème congrès européen des anciens élèves des Pères Jésuites s’est tenu à Saint François-Xavier du 26 au 29 août 1975 sur le thème: « la foi d’aujourd’hui dans le monde de demain ».Après une lente gestation, l’Association Saint François-Xavier voit le jour officiellement le 15 juin 1983, selon les orientations de la Compagnie visant à associer davantage les laïcs aux oeuvres d’éducation jésuites. Désormais, professeurs,` éducateurs, personnels d’administration et de service, catéchètes, parents, en fait toutes personnes participant réellement à la vie d’établissement pourront être associées à sa gestion.

En 1985, le nombre d’élèves dépasse le millier et la mixité est introduite progressivement pour devenir complète à la rentrée 1990. Le 20 mars 1985, le Vice-Provincial des Pères Jésuites de France annonça le projet de remise de la tutelle au diocèse. Les instances de la maison agiront pour que l’établissement garde des liens avec la Compagnie par l’intermédiaire de l’Union Régionale des Collèges des Pères Jésuites.

Le 13 juin 1987, le collège-lycée Saint François-Xavier a été admis à part entière au sein de l’URIF « en raison de son passé, de sa tradition et surtout de son désir actuel de maintenir et entretenir son caractère propre et son inspiration ignatienne ». Ainsi l’Union Régionale n’est pas une autorité extérieure et supérieure, son but est d’aider l’association locale à maintenir sa finalité grâce à sa solidarité avec d’autres associations en particulier par l’envoi de délégués qui visitent l’établissement et peuvent apporter l’aide de leurs suggestions et conseils. A la rentrée 1987, une page se tourne, le Père Dubromelle dernier directeur jésuite, laisse la place à M. Manac’h, désormais chef d’un établissement placé sous tutelle diocésaine Après dix ans d’un tel fonctionnement, des ajustements devenaient nécessaires et l’autorité diocésaine ne manqua pas de soulever l’ambivalence de la situation de l’établissement. Une nouvelle révision des statuts de l’association gestionnaire s’imposa.

La mise en conformité avec les règles de l’enseignement catholique, dans le souci de clarifier l’exercice de la tutelle et le mode de fonctionnement des instances décisionnelles (chef d’établissement et conseil d’administration), fut menée à bien en juin 1997 et entraîna la sortie de l’Union Régionale Ile de France.

Au mois de septembre 1997, M. Yves-Jean THOMAS, précédemment directeur du lycée Sainte Anne d’Auray, est nommé à la tête du collège-lycée St François-Xavier.

Les années 1990 auront été marquées par l’ouverture d’une classe de Lettres Supérieures et l’engagement d’une modernisation des équipements et des locaux. Désormais une grande salle de sport et un nouveau complexe de salles scientifiques viennent compléter dans le parc les bâtiments historiques formant le quadrilatère. A la rentrée 2010, M. Thomas fait valoir ses droits à la retraite, il est remplacé par M. Jean-François Le Bayon qui après une expérience de vingt-deux ans de direction prend la responsabilité du collège-lycée saint François Xavier.

S’il n’est plus jésuite, le collège-lycée St François-Xavier entend continuer sa mission en restant un établissement ignatien qui prépare ses élèves aux nouvelles réalités du monde.

 

J.C. AUGER